Poèmes en exil

Parmi les jeunes réfugiés qui participent aux ateliers de français organisés dans le cadre de l’association Solidarité sous les pommiers, ceux qui détiennent déjà quelques outils pour manier la langue française à l’écrit se voient proposer des situations d’écriture poétique. Leurs textes sont publiés ici.

La tête pleine de nouveaux mots

Poèmes en exil - écriture poétique

Les exilés ont la tête pleine de nouveaux mots étrangers qu’ils ont besoin d’apprivoiser pour parler d’eux, de leur chemin de vie, de leurs espoirs, de l’avenir dont ils rêvent. En ouvrant une brèche vers l’écriture poétique, les mots dévoilent les images qu’ils cachent
Les mots font vivre. Ils ont une force et donnent de la force. Celle de s’affirmer quand on vit en perpétuel équilibre sur l’incertitude du lendemain.

On trouvera ici un florilège qui s’appuie sur des trames de poèmes d’auteurs ou des créations spontanées.


Les mots qui font vivre

D’après le poème : « Les mots qui font vivre » de Paul Eluard1Les mots qui font vivre
Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur et le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et
Certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amis.
-Paul Éluard-

Mes mots

Jafer ( Pakistan ) 17 février 2022

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots qui me font du bien.
Le mot Courage et le mot Confidence.
Le mot Sœur et le mot Frère
parce qu’ils me manquent.
Il y a des mots que j’aime
Et ce sont des mots doux.
Le mot Amitié et le mot Amour.
Il y a des mots qui me rendent heureux.
Le mot Bonheur et le mot Famille.
Il y a des mots qui me font peur
Et ce sont des mots violents.
Le mot Réfugié et le mot Exil.
Il y a des mots qui me font rêver.
Le mot Rivière
Il m’apporte le calme, il me relaxe.
Le mot Mère et le mot Père
Ils sont toujours avec moi.


Poèmes « sans filet »

Écrit en urdu, sans trame préalable et traduit en français.

Jafer ( Pakistan ) 04 mars 2022

Parfois sur le trône, parfois sur le sol.
Parfois à leur porte, parfois en exil.
Amoureux du chagrin,
Merci.
Où suis-je allé ?
Parfois seul dans les rues
Parfois dans les airs.
Je suis le compagnon des djinns
Je n’ai pas de maison.
La chanson que tu n’as pas entendue
était la rime de ma vie,
les histoires de ma douleur
dont tu as ri.


À suivre…